Michel Mangion, Président de Bioeconomy For Change et Fabrice Santamaria, Président de la communauté Alliance pour la Chimie Du Végétal co-signent une tribune dans Les Echos pour alerter et proposer une trajectoire claire : faire de la bioéconomie un pilier de souveraineté et de résilience face aux chocs à répétition.
Dépendance stratégique révélée par la crise du détroit d’Ormuz
La perturbation actuelle détroit d’Ormuz révèle une réalité structurelle : notre économie reste profondément dépendante de points de passage stratégiques et vulnérables. Lorsque ces flux se grippent, ce ne sont pas seulement les hydrocarbures qui sont touchés, mais l’ensemble du système productif : engrais, chimie, matériaux, transport… toute la chaîne industrielle est affectée par effet de cascade.
Nous faisons face à un choc hautement systémique, où sécurité énergétique, logistique et performance économique sont désormais indissociables.
Transformer la crise en basculement industriel
Ce moment appelle un sursaut. Car cette crise n’est pas un épisode de plus : elle peut marquer un véritable basculement et ouvrir une nouvelle phase de recomposition industrielle.
– Sortir d’une logique d’optimisation des coûts à une logique de résilience des systèmes productifs,
– Réduire la dépendance globale au profit d’une relocalisation stratégique des ressources,
– Faire évoluer un modèle centralisé vers des organisations diversifiées et territorialisées.
– Engager la transition d’un modèle fossile vers des modèles fondés sur le vivant et la biomasse.
La bioéconomie comme réponse structurelle
C’est précisément dans ce contexte que la bioéconomie prend toute sa portée : non pas comme une solution sectorielle, mais comme une réponse globale à une vulnérabilité systémique. Une dynamique industrielle qui vise à réduire notre dépendance aux ressources fossiles en développant des alternatives biosourcées, ancrées dans les territoires. Et cette recomposition est déjà en marche. En France, et notamment en Hauts-de-France et en Grand Est, les acteurs agricoles et industriels structurent des filières biosourcées, investissent dans des bioraffineries et démontrent qu’un modèle plus résilient, ancré dans les territoires et créateur de valeur est possible.
Mais pour changer d’échelle, il faut désormais des moyens à la hauteur des enjeux :
– Accélérer le soutien aux premières unités industrielles,
– Orienter la commande publique,
– Fixer des trajectoires claires pour le biosourcé.
Cette tribune dépasse le simple constat de crise. Elle pose un cap :
– Réancrer notre production dans les territoires,
– Accélérer la dé-fossilisation de l’industrie,
– Sécuriser durablement nos approvisionnements.
La crise du détroit d’Ormuz ne crée pas la nécessité de la bioéconomie. Elle la rend évidente.

Dépendance stratégique révélée par la crise du détroit d’Ormuz




