Doctorat : voie d’excellence et voie d’avenir dans la bioéconomie
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Doctorat : voie d’excellence et voie d’avenir dans la bioéconomie
Comme le met en lumière une récente étude diligentée par le REDOC SPI et le REDOX, les entreprises d’IAR, le pôle de la bioéconomie, attirent les PhD dans des proportions importantes, ce qui confirme que les PME les plus innovantes ont besoin de diplômés hautement qualifiés et que la bioéconomie est une activité pourvoyeuse d’emplois pour les bac + 8 aussi.
Réseau national qui rassemble une trentaine d’écoles doctorales en France, le REDOC SPI (Sciences pour l’ingénieur) assure la promotion du doctorat auprès des jeunes et des entreprises en diffusant des informations ad hoc sur des sites web ciblés (plus d’informations sur www.redoc-spi.org/). Même vocation et même levier pour le REDOX (Réseau national des écoles doctorales de chimie) qui a créé, avec le soutien de la Maison de la Chimie et de l’UIC (aujourd’hui France Chimie), le site www.docteurs-chimle.org, actuellement en cours de reconstruction.
Soucieuses d’aider à l’insertion professionnelle des docteurs, les deux entités se sont rapprochées pour mener en collaboration un travail original sur l’emploi des PhD en entreprise, à travers le puissant outil LinkedIn. « Notre objectif, indique Alain Bamberger, président du REDOC SPI, est de montrer aux futurs docteurs le potentiel de débouchés pour eux dans les entreprises de toute taille et dans une grande variété de secteurs d’activité, et de montrer aussi à travers de bons exemples que, contrairement à ce qui se dit, beaucoup de PME emploient des docteurs. »
Plus concentré dans les biotechnologies et la chimie
Dans ce cadre, une étude quantitative a été conduite en juin 2020 (résultats complets de l’étude sur www.emploi-phd-france.com/iar) sur les emplois PhD au sein des entreprises, start-up et PME, adhérentes du pôle IAR, dont 80 % ont une page sur LinkedIn. Il apparaît que 72 % d’entre elles ont au moins 1 employé PhD. Le nombre moyen d’employés PhD est de 2,8. Quant au ratio PhD médian, il atteint 12,5 %. « C’est très nettement au-dessus de la moyenne », observe Jacques Kervennal, ancien directeur R&D de l’industrie chimique qui accompagne ce projet pour le REDOX. « Le taux d’emploi des seuls docteurs en chimie dans les entreprises en général tourne autour de 2 % alors qu’il est ici bien supérieur, ce qui est remarquable » Que peut-on en déduire ? « Que l’embauche de jeunes docteurs par les PME est favorisée par les pôles de compétitivité dans le cadre de leurs projets de recherche et développement. » C’est dans les secteurs des biotechnologies et de la chimie qu’on en dénombre le plus, devant l’environnement et les énergies renouvelables, avec une concentration particulière dans les TPE, à l’image d’Alysophil.
Pour Antoine Peeters, directeur général adjoint d’IAR, les résultats de cette étude ne sont pas une surprise. « Ils confirment que les entreprises impliquées dans les pôles de compétitivité, et particulièrement IAR, ont une grande sensibilité à l’innovation qui les porte à rechercher des collaborateurs hautement qualifiés. Ils témoignent ainsi que la bioéconomie s’adresse à tous les niveaux de formation. D’où l’intérêt pour les acteurs institutionnels d’investir dans ces formations et ces filières pourvoyeuses d’emploi d’avenir sur les territoires. On est sur des compétences pas forcément nouvelles mais transverses, qui nécessitent une adaptation des formations pour que les profils soient appropriés aux filières de la bioéconomie et bénéficient à toute la chaîne de valeur. C’est à quoi s’attache notre service IAR Academy. »
Les PME-TPE plus ouvertes aux PhD
Le doctorat reste en France une voie d’excellence, suivie à l’Université de Champagne-Ardenne (URCA) par 100 à 120 étudiants chaque année, dont 1/3 se tournent vers le privé après leur thèse. « Ils ne sont pas sous-représentés dans les TPE et les PME, bien au contraire, remarque Christophe Clément, directeur de la SFR Condorcet et de l’Unité de Recherche RIBP (résistance induite et bioprotection des plantes). Ce sont les petites entreprises qui sont les plus ouvertes au recrutement de nos docteurs, en particulier dans le domaine des industries et agro-ressources.Beaucoup de start-up se montent à partir d’un ou deux docteurs qui valorisent directement leur travail de thèse par la création d’entreprise ou qui rentrent dans des petites entreprises en cours de création. » Une propension relevée par Alain Bamberger dans son étude : « Un nombre important de créateurs d’entreprises sont eux-mêmes docteurs et ont tendance à recruter plus de PhD. »
Quoi qu’il en soit, une grande majorité de jeunes doctorants souhaite, aujourd’hui encore, se diriger vers la recherche publique ou associative. Mais la situation ne pourra qu’évoluer, selon Jacques Kervennal : « Les budgets ministériels ne sont pas en augmentation… C’est le message que nous essayons de faire passer à nos doctorants. Ils doivent avoir conscience qu’environ 70 % d’entre eux n’auront pas de poste au CNRS ou à l’université. Ils seront donc amenés à travailler en entreprise. »
Focalisée sur la production de molécules chimiques à haute valeur ajoutée pour la cosmétique, les parfums et les arômes, la défense et l’aéronautique, cette start-up adhérente du pôle IAR compte dans son effectif de cinq salariés deux docteurs et vient d’en embaucher un 3e. « On aurait souhaité recruter une personne ayant la double spécialité IA et chimie pour compléter les connaissances des deux premiers mais on n’a pas trouvé le candidat idéal et donc on a basculé sur un spécialiste en IA, explique Philippe Robin, président et co-fondateur d’Alysophil. Nous avons défini une trajectoire pour la société que nous mettons en œuvre aujourd’hui avec ces jeunes chercheurs. Ils nous apportent leur ouverture d’esprit sur les nouvelles technologies et du savoir-faire en molécules biosourcées, en chimie en flux continu et en intelligence artificielle. Ils doivent être à même d’exceller dans la réalisation de nos projets. » Deux ingénieurs complètent l’équipe, dont une est en train de préparer une thèse CIFRE.
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